[EDIT] Le vice et la vertu

26/11/2021

Si mes premiers romans destinés aux enfants se sont beaucoup inspirés des mythologies du monde, notamment pour éviter tout clivage, ceux destinés aux adolescents et aux adultes peuvent évoquer sans prendre parti et entre gens de bonne intelligence les religions monothéistes.

Après les péchés "capitaux", passons aux sept Vertus catholiques. Nettement moins connues que les Sept Péchés Capitaux, auxquelles elles s'opposent partiellement. Elles se décomposent en deux groupes : cardinales (propres à l'Homme) et théologales (accordées par Dieu).

- La Prudence : principale des vertus cardinales, elle est assimilée à la raison longuement développée par les philosophes grecs avant même l'ère du catholicisme. Elle incite à réfléchir posément au lieu d'agir dans l'impulsion. Elle est censée, de façon très manichéenne, aider à dissocier le Bien du Mal. Dans l'art Renaissance, elle est associée à un miroir (où seule la vérité se reflète) et à un serpent (le mensonge) fermement tenu en main, pour l'empêcher de nuire. Son opposé serait l'insouciance, le fait de ne rien anticiper et de ne jamais se soucier des conséquences.

- La Tempérance :  très chère aux croyants radicaux, c'est la maîtrise des désirs et des instincts. Notamment ceux ayant traits aux Péchés Capitaux : l'attrait pour la nourriture et la boisson, les biens, le sexe... Mais aussi contrôler ses envies de violence, de vengeance ou de vanité. Pourtant, s'il faut être mesuré en tout, n'est-ce pas aussi le cas quand on se mesure ? N'est-il pas bon de libérer ses frustrations de temps à autre ? De façon générale, il s'agit de demeurer modéré en tout et de respecter l'ordre, en accord avec les valeurs morales de la société. Son attribut est deux coupes que l'on transvase, pour utiliser la mesure. Ses opposés seraient les excès.

- La Force d'âme : la plus nébuleuse des vertus cardinales. Ce serait un équivalent du courage, de la capacité de résilience face à toutes les difficultés de la vie, l'aptitude à surmonter les obstacles et (en lien avec la tempérance) à résister aux tentations. Elle vainc la peur de la mort et de la douleur. Elle se manifeste aussi bien dans la paix que dans la guerre par l'honneur, la charité et la mansuétude. Mais, à tort, certains théologiens y associèrent la force physique (cela devenait donc un apanage masculin et rejetait le péché sur la femme). On la figure comme une femme couronnée levant un glaive. La lâcheté et la vilénie sont ses opposés.

- La Justice est la dernière vertu cardinale. Elle nait des trois autres. Comme les précédentes, elle n'est pas une invention chrétienne mais un héritage grec. Elle est la volonté, constante dans le temps et dans l'intensité, de donner à chacun ce qui lui est dû - c'est donc extrêmement subjectif. Elle incite aussi à ne pas vouloir les biens d'autrui (même quand on ne possède rien) et à ne pas donner de valeur à sa vie quand on peut la sacrifier pour le bien commun. Elle renvoie à la morale, donc varie selon les lieux et les époques. Ses symboles sont bien évidemment une balance et l'épée qui rend les jugements. Elle s'oppose à l'iniquité, la jalousie et l'envie.


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